Une dépendance au Coca-Cola ?

Une dépendance au Coca-Cola ?


Suite aux sondages réalisés sur la classe de premières, nous nous sommes interrogées sur l'existence d'une dépendance au Coca-Cola.

En effet, ces sondages ont révélé que de nombreux jeunes buvaient de cette boisson régulièrement et, pour certains, en très grande quantité.


Qu’est ce qu’une dépendance ?

Définition de l’OMS : Etat psychique et parfois physique, résultant de l’interaction entre un organisme vivant et une substance, et se caractérisant par des modifications du comportement et par d’autres réactions, qui comprennent toujours une compulsion à prendre le produit de façon continue ou périodique afin de retrouver ses effets psychiques et quelque fois d’éviter le malaise de privation. Cet état peut s’accompagner ou non de tolérance. Un même individu peut être dépendant  de plusieurs produits.


La caféine et le sucre sont deux ingrédients présents en quantité considérable dans le Coca-Cola. Nous nous sommes alors demandées si elles pouvaient être responsables de cette présumée dépendance.


1. Une dépendance à la caféine

Au cours de ces dernières années, plusieurs médecins nutritionnistes (notamment aux Etats Unis) ont effectivement rapporté des cas de dépendance au cola et au cola light.

Si aucune étude scientifique de grande ampleur n’a encore jamais été réalisée à ce jour, nous savons néanmoins que la caféine, présente dans ces boissons, a été reconnue comme un vecteur de dépendance.

Une cannette de 33cl de cola contient en moyenne 33mg de caféine. Ainsi, un enfant qui consomme plus de 3 cannettes par jour ingurgite une centaine de milligramme de caféine. Or, les doses de consommation de cette substance ne doivent pas depasser 200mg chez l'adulte et 85 mg chez l'enfant de 7-9ans. Une telle consommation provoque alors une véritable dépendance.

Ces boissons n’induisent pas, certes, des syndromes de manque comme l’alcool et le tabac… Mais les enfants, voire comme les adultes, s’habituent très régulièrement à en prendre, ce qui peut s’avérer très inquiétant !

En effet, bien que la caféine soit souvent utilisée pour stimuler l’organisme, lutter contre la fatigue et perdre du poids (coupe faim et propriété laxative), à long terme, l’excès de caféine peut provoquer nombreux effets indésirables comme le trouble du sommeil, l’agitation, l’irritation de l’estomac et bien sûr un phénomène de dépendance.

D’autre part son sevrage peut s’avérer très difficile car il entraîne des maux de tête, de l’anxiété, de l’irritabilité et peut même avoir des consequences sur la qualité de l’apprentissage chez un enfant…

Schéma effets caféine

 

Informées des dangers liés à la dépendance et à la surconsommation de caféine, nous avons tenté de comprendre comment cette substance  provoquait ces phénomènes d'exitation et d'addiction.


Le phénomène d'excitation (par stimulation du système sympathique)

L’adénosine (nucléoside1) est un neurostimulateur2 du système nerveux central responsable de la sensation de fatigue. Lorsque

l'adénosine se pose sur ses récepteurs spécifiques dans le cerveau, elle ralentit l'activité nerveuse et facilite le sommeil. La caféine, quand à elle, agit sur les mêmes récepteurs que l'adénosine mais vient au contraire empêcher la réduction de l'activité neuronale . Ceci entraîne la libération par la glande pituitaire (ou hypophyse3) d'hormones qui vont ordonner aux glandes surrénales de produire

de l'adrénaline (médiateur du système sympathique), à l'effet "booster".  C'est cette stimulation qui est tant recherchée par les consommateurs de cola. 

 

1. Nucléoside : Base (adénine, guanine, cytosine, thymine) liée par une liaison covalente à un sucre (et à 5 carbones (pentose)). Quand le sucre est le ribose, le nucléoside est un ribonucléoside ; quand il est 2-désoxyribose, le nucléoside est un désoxyribonucléoside.

2. Neurostimulateur : Substance chimique qui intervient dans la transmission des influx nerveux entre les neurones. C'est donc l'élément responsable de la stimulation du système nerveux.

3. Hypophyse : Glande rattachée au cerveau ; elle est le centre principal qui stimule la production d'hormones par les autres glandes de l'organisme.

4. Système sympathique : Appelé également orthosympathique, le système nerveux sympathique correspond à la mise en état d'alerte de l'organisme et à la préparation de l'activité physique et intellectuelle (dilatation des bronches, accélération de l'activité cardiaque et respiratoire, dilatation des pupilles, etc...). Il est associé à 2 neurotransmetteurs : la noradrénaline et l'adrénaline.

 

Schéma explicatif


Le phénomène d' addiction

Comme la plupart des drogues, la caféine augmente la production de dopamine. (Hormone responsable de la sensation de plaisir).  C'est cette hormone contribue à entretenir la dépendance à la caféine. Ce phénomène est particulièrement grave chez les enfants, car leurs circuits nerveux ne sont pas arrivés à maturation.

La caféine a donc de graves conséquences et des effets nocifs sur la santé. Or, nous savions que cette substance n'était pas uniquement présente dans le Coca-Cola classique. A titre comparatif, nous avons alors recherché la quantité de caféine dans d'autres boissons :


Teneur en caféine en mg pour un litre de boisson :  


Le Pepsi Max© : 166,5.

Le Coca-Cola Light© : 137.

Le Pepsi© : 112,5. 

Le Pepsi Twist© : 112,5. 

Le Pepsi Light© : 108. 

Le Coca Cola© : 102. 

Le Cherry Coke© : 102.

Le Lemon Coke© : 102.

Le Vanilla Coke© : 102.

 


Teneur moyen en caféine pour un mug de café (en mg) :

Un Café filtre : 145 mg de caféine.
Un Café soluble : 107,5 mg de caféine.
Un Café Expresso : 77 mg de caféine.

 

 

Nos recherches se sont ensuite portées sur le sucre. Un article parut dans "le quotidien du médecin" du 15.12.08. a notamment attiré notre attention.


2. Une dépendance au sucre

"Le sucre est il une drogue dure ?"

Voici la question que se sont posés des chercheurs à l'université de Princeton. En menant des études chez le rat, ils ont réussi à les rendre fortement dépendants  au sucre.

"Ils ont tout d'abord conduit les animaux à consommer de l'eau sucrée de manière compulsive en les privant de nourriture au réveil."

Cette consommation excessive de sucre a entrainé chez ces animaux des modifications dans leur comportement.

"Ce comportement entraîne des modifications de la physiologie cérébrale similaires à celles observées chez les rats qui consomment de la cocaine, de la morphine ou de la nicotine."

Elle a notamment affecté la neurotransmission dopaminergique .

"Lorsqu'on prive ces rats de sucre, leur taux cérébral de dopamine s'effondre et ils deviennent anxieux. Un état de manque s'instaure."

Cette dernière phrase est d'autant plus importante qu'elle indique une période de sevrage. Cette réaction semble correspondre en tout point avec la définition de l'OMS enoncée en début de partie.

De plus, on s'est rendu compte que la présence de sucre entrainait, chez le rat, une envie irrésistible de cet élément nutritif.

"Cet envie peut le conduire à effectuer des tâches très complexes pour réussir à s'en procurer."

Il n'est pas impossible que ce phénomène existe chez l'homme, dont l'organisme est proche de celui du rat. Il pourrait alors jouer un rôle clé dans la mise en place de la boulimie ou autres troubles alimentaires.


Il pourrait donc exister une dépendance au Coca-Cola classique, qui a une haute teneur en sucre, et même au Coca Light, qui a un goût sucré très prononcé (du à l'ajout d'édulcorants).

Cette addiction serait d'autant plus inquiétante chez les enfants qu'ils sont les plus gros consommateurs de ces boissons, et les plus exposés aux dangers qu'elles représentent.

 

Conclusion :

Il y aurait donc bien une dépendance au coca-cola à travers la caféine et le sucre (goût sucré). D’autres substances comme l’aspartame sont suspectées d’être elles aussi responsables de ce phénomène d’addiction. Cette hypothèse fait aujourd’hui débat, et plusieurs études sont menées pour tester sa fiabilité.

 

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